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Handicap, vieillissement précoce ?

La médecine moderne a libéré l’homme de la menace de bien des maladies. Elle a, de ce fait, augmenté son espérance de vie. Désormais, nous parlons de vieillissement à partir de 60 ans. Nous tentons de vieillir « jeune », de bien vieillir.  De plus en plus de personnes parviennent à un âge avancé, en jouissant d’une bonne santé, en cultivant leurs relations avec autrui, en maintenant leur autonomie, en recherchant leur épanouissement personnel.

L’enquête Handicaps-Incapacités-Dépendance identifie la personne en situation de handicap mental vieillissante comme « une personne de 40 ans ou plus qui présente au moins une déficience survenue avant l’âge adulte et une incapacité apparue avant 20 ans. »

Il existe un vieillissement spécifique de la personne en situation de handicap mental.

Il est difficile d’établir un âge à partir duquel on considère la personne comme vieillissante, mais il est évident que les pathologies initiales du handicap mental, se cumulent avec le vieillissement et interfèrent sur celui-ci.

L’impact du vieillissement chez les personnes fragiles, peut être plus important sur le plan intellectuel, morphologique et physiologie. Certaines personnes en situation de handicap peuvent être précocement concernées par le vieillissement.

Même si un vieillissement précoce reste exceptionnel nous observons trois manifestations courantes qui sont des états de désadaptation, de rupture d’équilibre psychique, d’usure (principalement chez les personnes handicapées moteur) . Ces phénomènes (troubles alimentaires, négligence corporelle, difficultés quotidiennes, rupture de l’histoire familiale…) peuvent générer des troubles dès 40 ans.

C’est véritablement entre 50 et 60 ans que nous pouvons assister à un véritable effondrement des capacités et de l’autonomie.

La durée de vie est directement liée à la qualité du suivi de la santé, des soins, des accompagnements, et de l’environnement au sens large.

Par exemple, la qualité du mode de vie peut freiner le vieillissement. Sont déterminants la qualité des relations affectives, l’existence et la fréquence des relations sociales, la stimulation par l’activité et le plaisir qu’elle procure, l’adaptation des rythmes pour prendre en compte la fatigabilité, l’aménagement de l’environnement pour compenser la pénibilité et le handicap.

Les personnes en situation de handicap mental sont touchées par leur propre vieillissement mais aussi par celui de leurs familles. Les familles, soucieuses, redoutent de n’être plus en mesure d’accompagner leur enfant et s’interrogent sur le devenir de ces derniers après leur disparition.

Cette inquiétude est encore plus marquée lorsque l’enfant vit au domicile familial. Pour les familles qui avaient toujours refusé le placement en institution, le décès d’un parent peut précipiter cette orientation qui se fait alors dans l’urgence.

D’autres familles, se culpabilisent de laisser leur enfant le weekend dans l’institution qui le prend en charge les autres jours de la semaine.

Le vieillissement des adultes et des familles épuise mères et pères. Il leur est de plus en plus difficile de faire face aux soins souvent plus importants, à la dépendance accrue exigeant plus de présence et de disponibilité, voir à des comportements particuliers comme l’agressivité.

Les limites de l’accompagnement, par la famille, de leur enfant en lien avec leur propre vieillissement les laissent désemparées devant leurs interrogations : « Que deviendra-t-il quand je ne serai plus là ? La fratrie prendra-t-elle le relais ? Quel établissement pourra l’accueillir dans de bonnes conditions ? »

Vous êtes peut-être confronté à ces difficultés, vous êtes parent, ami, accompagnant, n’hésitez pas à nous solliciter et à poser vos questions !

Martine BARISIC

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