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La visite d’admission d’un établissement ou service médico social 3/4

Votre enfant est orienté dans un établissement ou un service médico social par la MDPH. Vous souhaitez ne rien oublier lors de la visite d’admission. Ancienne directrice d’établissement, je vous livre quelques astuces. Vous pourrez poser les bonnes questions le jour de la visite, pour prendre une décision éclairée.

La visite d’admission : Le personnel de l’établissement ou service

L’ensemble des professionnels doit être porteur de valeurs partagées, des principes centrés sur la façon de considérer les personnes accueillies et accompagnées et d’intervenir auprès d’elles. De plus, les approches théoriques et conceptuelles doivent dans un registre humaniste non dogmatique. Ainsi, la dimension de travail en équipe est essentielle afin d’apporter une lecture pluridisciplinaire des situations et problématiques rencontrées, des éclairages croisés et riches ainsi qu’une prise de distance chaque fois que nécessaire.

Pour les professionnels de l’établissement ou du service il s’agit d’accompagner les étapes de la vie de l’enfant ou de l’adulte : l’éduquer en le valorisant, en l’encourageant, en le rassurant, en lui permettant une compréhension de ses compétences et difficultés. Lui apporter  un cadre qui donne des repères et des limites de façon constructive pour lui permettre de vivre et d’évoluer en groupe dans la société est ce qui soutiendra le sens et l’ensemble des actions.

L’action éducative permettra de vivre ensemble, se reconnaître comme appartenant à un groupe, se sentir inclus dans la loi sociale et les interdits fondamentaux. C’est apprendre à faire avec un autre. L’enfant pourra apprendre à vivre en relation avec les autre sans éprouver angoisse ni crainte. Il comprendra qu’il doit faire des choix et que ceux-ci ont des conséquences personnelles et collectives. Grandir, c’est s’adapter et s’inscrire dans une trajectoire.

Dans la dynamique institutionnelle, trois points sont essentiels :

  • les équipes éducatives doivent avoir à disposition des modèles de compréhension de ces enfants au comportement parfois énigmatique
  • les personnes accueillies doivent être protégées des projections des éducateurs et les éducateurs se protéger des atteintes narcissiques qui produisent à terme un vécu d’isolement
  • un cadre de vie orienté par une vie sociale ordinaire et la culture qui préserve la signification des interventions (le principe de réalité).

L’institution doit prévenir les risques et prendre les dispositions nécessaires qui soutiennent un plaisir à être ensemble, dans une ambiance institutionnelle propice à la pensée. Certaines pratiques de l’accompagnement éducatif peuvent être repérées comme utiles, au fil du temps, soit à la cohésion du groupe, soit à l’adaptation de la personne à son milieu, soit à l’adaptation du milieu aux particularités de la personne à des fins d’interactions. Ces pratiques organisent la vie quotidienne, donnant au lieu de vie le filtrage, l’ordre, la structure, la logique pour que les personnes accueillies puissent développer des compétences et apprendre.

Point de vigilance : Lors de la visite d’admission il est essentiel de s’assurer des rôles et fonction des professionnels. N’hésitez pas à poser toute question utile lors de celle-ci.

L’équipe éducative :

 

En prenant appui sur la relation éducative, ainsi que sur la dynamique de groupe, l’équipe favorise chez chaque personne le développement de ses capacités de socialisation, d’autonomie, d’intégration et d’insertion ou d’inclusion. L’équipe éducative prend en compte l’histoire personnelle et familiale de chaque enfant, ainsi que ses potentialités physiologiques, psychologiques, affectives, cognitives, sociales et culturelles.

Les éducateurs spécialisés : Cest un professionnel qui met en œuvre l’analyse de la situation de chaque personne et l’entrée en relation. En référence au projet et aux modalités de travail il intervient avec ses collègues sur le champ éducatif ou d’accompagnement des publics. Son niveau d’intervention peut s’organiser selon deux axes : individuel ou groupal.

 L’éducateur spécialisé inscrit son travail dans une approche pluridisciplinaire prenant en compte le projet de la structure. Il assure une fonction de référence auprès des enfants, adolescents et jeunes adultes accompagnés.

Il est la personne ressource garante de la cohérence et de la bonne mise en œuvre des projets personnalisés. Il s’efforce, en toute circonstance, d’apporter à ses collègues l’aide et le soutien nécessaire à l’instauration d’une dynamique d’équipe positive et constructive.

L’éducateur spécialisé peut se rendre dans les familles des personnes accueillies (avec votre accord bien entendu !).

Il peut aussi participer aux synthèses et autres rencontres organisées par les services de pédopsychiatrie et psychiatrie adulte.

Il peut organiser avec les moniteurs éducateurs et les aides médico psychologiques, en accord avec les orientations institutionnelles, des actions de promotion et de développement de l’établissement (événements festifs, portes ouvertes, …).

Point de vigilance : Assurez vous que l’éducateur spécialisé ne soit pas en position de responsable de service et qu’il n’endosse pas l’habit de chef de service. Il faut qu’il soit présent sur le groupe, même s’il a un temps conventionnel prévu pour les écrits.

Les moniteurs éducateurs : Au sein de l’établissement ou service, cette fonction recouvre souvent de nombreux champs de compétences similaires à celles de l’éducateur spécialisé dans le registre de l’analyse de la situation des enfants, adolescents et jeunes adultes accueillis et de la mise en place d’une relation éducative adaptée et cohérente selon les orientations du projet d’établissement.

Le plus souvent, le moniteur éducateur participe à la mise en œuvre de l’action éducative et d’accompagnement au quotidien selon des actions et activités quotidiennes, inscrites dans une logique de projets écrits en lien avec les objectifs du projet de l’établissement et des projets personnalisés de chaque enfant. Comme l’éducateur spécialisé, il peut assurer une fonction de référence auprès des enfants, adolescents et jeunes adultes accueillis.

Les moniteurs éducateurs ont pour attribution particulière d’écrire les projets d’activités,  les évaluer chaque année, avec l’équipe de direction afin d’en examiner la pertinence et le renouvellement. Le moniteur éducateur est force de proposition en matière d’activités de loisirs, culturelles, sportives, tout en s’appuyant sur les objectifs des projets personnalisés des personnes accueillies.

Les aide médico psychologiques : Il s’agit de professionnels concernés par l’analyse de la situation des enfants accueillis et l’entrée en relation éducative autour d’activités quotidiennes habituelles (levers, toilettes, repas, soirées….).

Il s’agit d’un professionnel qui propose un accompagnement centré sur les rythmes de vie quotidienne. L’AMP est affectée plus particulièrement sur l’hygiène, la réponse aux besoins…Cet accompagnement éducatif, centré sur les rythmes de vie peut être individuel ou groupal, seul ou en co-animation avec un ES ou un ME.

Les surveillants de nuit : Les surveillants de nuit font partie intégrante de l’équipe éducative de l’établissement. Ils sont chargés de la surveillance des enfants, adolescents et jeune adulte la nuit. Ils ont pour mission de favoriser les conditions environnementales pour que chacun puisse être rassuré et il participe au bon endormissement des usagers accueillis. Le surveillant de nuit favorise l’apaisement de chaque usager en adoptant une attitude professionnelle sécurisante et rassurante pour tous.

Le surveillant de nuit s’assure de la bonne santé des usagers. Il peut joindre le cadre de permanence en cas de situation compliquée ou de maladie d’un enfant. Il note tout incident, événement particulier dans le cahier de liaison « nuit » et effectue des rondes régulières sur l’ensemble du bâtiment dans lequel il intervient.

Le surveillant de nuit participe aux réunions d’équipe, clinique, et à l’analyse des pratiques professionnelles.

L’équipe médicale et médico psychologique :

Le médecin psychiatre ou pédopsychiatre : Le médecin psychiatre intervient à l’établissement dans la prise en charge des souffrances, pathologies et dysfonctionnements neurologiques ou mentaux. Il est indépendant dans l’exercice de son métier. Attention, s’il est d’obédience psychanalytique, fuyez ! Il assure la gestion des dossiers médicaux des enfants adolescents et jeunes adultes, et des informations médicales et para médicales.

Il est le seul interlocuteur des familles sur la notion de diagnostic. Il assure le suivi du projet de soins en interne en animant et coordonnant le travail des personnels paramédicaux intervenants au sein de la structure. Il mobilise et participe au réseau médical et aux divers partenariats nécessaires dans le cadre des projets de l’établissement (notamment avec les services de pédopsychiatrie) en assurant la coordination avec les structures médicales et hospitalières.

Au niveau interne, il est référent sur les questions liées à la pathologie et aux thérapeutiques. Il est référent et soutient les équipes face aux situations rencontrées. Il est habilité à donner, en liaison avec la direction, les indications de prise en charge, y compris sur les dimensions éducatives, sociales, sportives et psychologiques.

Il rencontre chaque enfant, adolescent ou jeune adulte avant l’admission définitive.

Le médecin psychiatre de l’établissement fait partie intégrante de l’équipe de direction.

L’infirmier : L’infirmier assure les soins techniques auprès des enfants et des adolescents et veille au suivi des traitements médicaux. Il est vigilant aux informations tant écrites que verbales, transmises par l’équipe pluridisciplinaire concernant d’éventuels changements de comportements ou évolution de l’état de santé des enfants et adolescents, dans le cadre d’une veille sanitaire.

L’infirmier, en lien étroit avec le médecin, évalue en fonction de ces informations les suites qu’il convient de donner, informe les médecins et met rapidement en œuvre les actions nécessaires. Il accompagne l’enfant à certaines consultations médicales spécialisées. L’infirmier est en lien avec la famille pour tout ce qui concerne l’état de santé de leur enfant.

Le psychologue : Sous l’autorité de la direction, le psychologue occupe une place dans la réflexion et la mise en place du fonctionnement institutionnel, dans le soutien des équipes et dans l’accompagnement psychologique des personnes accueillies et de leur famille.

Au niveau institutionnel, le psychologue se positionne comme cadre technique. Il questionne de façon constructive le sens des actions et des propositions.

Il axe également son intervention sur la question du contenu et peut écrire en commun avec les référents des écrits institutionnels ou lire ceux-ci avant transmission à la direction pour validation.

Il a par délégation la responsabilité de la mise en place et de la gestion d’un document de liaison sur lequel les équipes peuvent noter toutes transmissions d’informations, demandes de réunions, réactions par rapport à un accompagnement. Le psychologue a aussi le souci de la transmission en équipe des informations utiles de la rencontre des professionnels si nécessaire ou de la mise en place de réunions spécifiques. Dans ses relations avec les équipes de professionnels il a le souci de la qualité du partage d’informations concernant soit le Projet Personnalisé de l’enfant ou de l’adolescent, soit des accompagnements thérapeutiques proposés.

Au niveau de l’équipe  il propose un lieu pour pouvoir parler de ce qui est vécu lors des accompagnements auprès des enfants, dans le groupe de vie Il propose des temps de régulation du travail thérapeutique en groupe auquel il ne participe pas tels que les groupes de balnéothérapie par exemple ou d’accompagnement à diverses activités extérieures au site.

Dans son versant thérapeutique, il intervient sur indication médicale du psychiatre, ou des membres de l’équipe éducative, ou sur simple demande d’un usager. Il propose un travail de distanciation, de réassurance, de tentative de mise en sens du vécu à l’aide d’entretiens individuels ou de groupes thérapeutiques à destination des enfants et des adolescents. Cependant, il privilégie les situations d’entretiens individuels aux groupes. Il peut proposer également un lieu d’écoute aux parents pouvant s’étendre si besoin aux frères et sœurs des enfants et adolescents accueillis.

Point de vigilance : Il propose une évaluation de la situation de l’enfant en utilisant les tests en vigueur et actualisés, avec l’autorisation de la famille. Il remet chaque année un bilan écrit de prise en charge à la famille.

Le psychomotricien : Il intervient dans le cadre du projet de soins sous la responsabilité du médecin. Il évalue le développement psychomoteur et les capacités relationnelles de l’enfant pour que le bilan psychomoteur proposé soit le reflet d’une image globale des capacités et des difficultés de l’enfant. Cette évaluation permet d’avoir des objectifs de travail pour l’enfant et oriente vers un accompagnement individualisé ou en groupe régulé ou pas par un professionnel (psychologue ou psychiatre).

Cet accompagnement se fait sur le versant :

  • D’un travail d’éveil psychomoteur, de rééducation psychomotrice dans une réponse plutôt instrumentale,
  • D’une thérapie psychomotrice dans une réponse plutôt relationnelle.

Le psychomotricien participe à la mise en œuvre du projet personnalisé en prenant soin de laisser dans le dossier médical une trace institutionnelle du travail engagé avec chaque enfant (bilan/évaluation, objectifs, modalités de prise en charge…).

Point de vigilance : Il remet chaque année à la famille un bilan écrit de prise en charge.

L’orthophoniste : 

L’orthophoniste est habilité à traiter tous les troubles de la voix, de la parole ou du langage oral ou écrit.

Cette dernière doit être dotée d’un grand sens pédagogique et d’une bonne communication au quotidien, car sa profession est essentiellement basée sur les relations humaines.

L’orthophoniste est un praticien spécialisé dans la communication liés à des troubles du développement du langage.

Il intervient auprès de personnes en difficulté de la voix, la parole et le langage.

Role orthophoniste

Il doit être capable d’évaluer et de prendre en charge différents troubles :

Langage oral :

  • Troubles d’articulation
  • Retard de parole
  • Retard de langage
  • Dysphasie (troubles du développement)

Langage écrit :

  • Dyslexie (trouble spécifique de la lecture)
  • Dysgraphie (trouble spécifique de l’écriture)
  • Dysorthographie (trouble spécifique de l’orthographe)
  • Dyscalculie (trouble spécifique du raisonnement logico-mathématique)

Troubles de la phonation et de la voix :

  • Bégaiement (trouble au niveau du rythme de la parole)
  • Dysphonie fonctionnelle (trouble de la voix par une mauvaise utilisation des organes vitaux)
  • Dysphonie organique (trouble de la voix dus à une atteinte des organes phonateurs)

Handicaps :

  • Surdité
  • Troubles Envahissants du Développement (TED comme par exemple, l’autisme), et pour cela il doit être formé !
  • Infirmité Motrice Cérébrale (troubles de la posture et du mouvement)

Troubles neurologiques :

  • Aphasie (trouble au niveau du langage)
  • Dysarthrie (trouble de la parole)
  • Maladies dégénératives (maladie d’Alzheimer)
  • Dysphagie (trouble de la déglutition)

Point de vigilance : L’orthophoniste doit vous remettre un compte rendu écrit du premier bilan orthophonique puis, chaque année un compte rendu écrit de prise en charge.

Le service social :

L’assistante sociale inscrit son travail selon un axe essentiellement tourné vers la sphère familiale de l’enfant ou de l’adolescent et son environnement. Elle noue des contacts avec divers intervenants concernés par la situation familiale de l’enfant accueilli à l’établissement (assistante sociale de secteur, MDPH, CAF, CPAM, …).

Elle peut mettre en œuvre un travail d’accompagnement social des familles, propose les moyens et mobilise les dispositifs contribuant à améliorer les situations sociales. Dans le cadre de son intervention, et par le biais de visites à domicile, d’entretiens familiaux et de permanences téléphoniques, l’assistante sociale intervient dés l’admission de l’enfant et lors de l’élaboration du projet personnalisé.

Dans le cadre d’un travail institutionnel et de réseau social et médico social, par délégation de la direction, elle peut être amenée à participer à la réflexion engagée dans différentes commissions ou réunions de travail dans lesquelles l’établissement est inscrite. Elle prend soin de constituer un dossier écrit qui donne à ce travail de partenariat sa dimension institutionnelle.

Points de vigilance :

Lors de la visite d’admission, assurez-vous que l’organigramme est complet. Un organigramme est la représentation graphique de la structure d’un organisme, d’un établissement ou d’un service avec ses divers éléments et leurs relations.La structure d’un organisme, d’un établissement ou d’un service, est la façon suivant laquelle ses différents organes se situent les uns par rapport aux autres.C’est pourquoi cette représentation graphique peut aussi être appelée “organigramme de structure”. “Organigramme” et “organigramme de structure” sont synonymes. Si les postes ne sont pas tous pourvus, assurez vous que des conventions sont passées et écrites avec les professionnels qui exercent en libéral.

Lors de la visite d’admission assurez vous également que :

  • l’ensemble du personnel est qualifié et formé au public accueilli dans l’établissement ou service
  • le taux d’encadrement est suffisant (par exemple pour les enfants porteurs de TSA, le taux optimal est d’un professionnel pour 1 ou 2 enfants)
  • l’ensemble de l’équipe éducative participe à l’actualisation des connaissances
  • l’ensemble de l’équipe éducative participe à des séances d’analyse des pratiques professionnelles : C’est une réflexion groupale avec prise de recul sur la pratique à l’aide d’un thérapeute extérieur. Elle est l’occasion d’une exploration de situations et difficultés, la recherche de point de vue sous l’angle des différences. Cette exploration est animée, facilitée par le thérapeute, elle est enrichie de l’apport de chacun. Les contenus des échanges ne sont, à aucun moment, l’objet de commentaires externes au groupe. Les contenus sont centrés sur une approche constructive à propos des situations évoquées, autour du « comment » plutôt qu’autour du « pourquoi » qui vise à apporter, enrichir, apprendre ensemble.

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