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Autiste,

Ne nous leurrons pas, être autiste n’est pas, comme certains le prétendent, un fonctionnement sympathique !

Etre autiste ce n’est pas non plus, être à la mode : je sous entends là qu’être autiste semble paraître plus valorisant qu’être schizophrène ou borderline.

Etre autiste, c’est d’abord, avoir un schéma de pensée particulier.

Etre autiste, c’est ressentir différemment, réfléchir autrement, vivre en étranger dans une société que nous ne comprenons pas et qui, le plus souvent, nous rejette.

Etre autiste, c’est aussi, parfois, s’accrocher à des objets plutôt qu’à des personnes.

C’est ne pas parler ou parler tout le temps ou parler puis se taire de longs mois, ne pas avoir de “mesure”, ne pas connaître la pondération.

C’est avoir des activités durant lesquelles nous pouvons oublier de manger, de boire, de dormir.

C’est ne pas savoir deviner quelles sont les intentions de l’autre. Ne pas comprendre s’il est bienveillant ou pas, s’il attend quelque chose.

C’est être naïf et quelquefois utilisé.

Etre autiste, c’est souvent être seul sans le vouloir.

C’est se sentir isolé, voir prisonnier, dans un groupe de personnes, dans son couple. Présent dans le groupe et très très loin en même temps, comme dans une autre dimension.

C’est être là, sans y vivre, sans trouver de “matière”.

Et, ne pas savoir que vous êtes autiste, c’est être totalement perdu sur une planète qui n’est pas la votre.

Tout ceci est bien étrange et, ce n’est que maintenant, que je commence à comprendre…

Pendant tout ce temps, je sentais que quelque chose clochait. Mais…de là à faire le lien avec mon fonctionnement neurologique, il y avait un grand pas à franchir, et seule, je n’aurai pas pu, ni su le faire.

C’est pour cela qu’il m’est devenu presque vital de pouvoir témoigner.

Non pas que je veuille être sur le devant de la scène, ceci m’importe peu en fait.

C’est simplement qu’il me faut dire, il me faut l’écrire, il faut que ça sorte !

C’est une longue histoire, qui prend racine avec ma naissance.

C’est aussi le récit d’une amitié, d’un lien que j’espère indéfectible.

C’est l’histoire d’une rencontre particulière qui m’a amenée au diagnostic.

Cette amitié me nourrit, me donne envie d’être, me réconcilie avec qui je suis.

Lui, n’était plus en quête : Il savait ! Moi, j’errais, depuis si longtemps.

J’étais dans l’incompréhension des autres, lui, m’a accrochée.

Et, il me donne envie de témoigner : De mes ressentis, de mes envies, de mes rêves, de mon dedans.

Alors je vais me lâcher, sinon, je risque d’éclater.

Parce que l’autisme c’est aussi ça : Éclater, avoir mal, penser à sauter par une fenêtre parce que l’on est assailli, avoir envie d’en finir.

Etre autiste ce n’est pas qu’être dans une bulle, ça, c’est plutôt facile et j’en ai besoin.

Etre autiste c’est aussi, et souvent, se trouver confronté à des contextes ou des environnements absolument incompréhensibles qui nous envahissent.

Je suis autiste, c’est un fait. Je l’ai accepté. Mes “proches” non.

Ils n’ont pas compris. Le peuvent-ils ? Je ne pense pas.

Alors, plutôt que de rester dans ce monde, et pour ne pas périr, je choisis la solitude.

C’est assez paradoxal d’ailleurs. Pendant que je fais ce choix et que je m’éloigne doucement, je me sens m’épanouir. Je me sens devenir libre, ma pensée se dégage.

J’avais des peurs paralysantes, aujourd’hui, je n’ai que des craintes.

J’étais agitée, je sens mon dedans redevenir calme et circulant.

J’étais oscillante, en perpétuel mouvement entre ce monde violent et le mien. Plus maintenant.

J’étais souvent assaillie. Je le suis moins.

C’est grâce à ces constats que chaque jour, je me crée mon chemin de vie.

Il est tortueux mais…c’est le mien. Il m’appartient.

Enfin je me sens exister.

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