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Témoignage : La souffrance parentale lors du placement en institution.

J’ai toujours ressenti la souffrance parentale lors du placement en institution de leur enfant.

Le placement en institution est,  le plus souvent, vécu comme une véritable déchirure pour les parents.

Ils ont fait de leur mieux, et, pour autant, l’heure est venue de « confier » leur enfant à un établissement car ses besoins ne peuvent pas ou plus être comblés dans la cellule familiale, grâce à l’intervention de professionnels libéraux ou un service médico social type SESSAD.

Avant tout placement en établissement ou service, un premier contact est pris, le plus souvent par les parents, après la réception de la fameuse notification de la CDAPH.

Accueillir est un préalable.

Accueillir une famille, avec professionnalisme et bienveillance est , à mon sens, une étape décisive dans le parcours de l’admission en établissement.

En conséquence, il s’agit, dans un premier temps, de recevoir la famille et surtout, de la laisser parler. Certains premiers rendez vous  peuvent être particuliers voire déconcertants.

J’ai souvent rencontré des mamans et quelques papas qui s’effondraient dès la porte de mon bureau franchie.

Je me souviens d’une maman qui n’a pas pu dire un mot pendant près de 20 mn tant ses sanglots étaient intenses.

Quand elle s’est apaisée, elle m’a regardée et a dit cette phrase qui résumait sa souffrance :

  • “J’ai tout raté…”

Or il n’en était rien ! Cette famille avait tout fait pour que leur enfant soit intégré le mieux possible grâce à un étayage extraordinaire, une scolarisation en maternelle puis à l’école primaire du village, des activités très nombreuses et un fabuleux travail à la maison.

Et pourtant….les parents ne vivaient que cela : Une impression d’échec, de défaite.

J’ai aussi reçu de nombreux témoignages de parents qui disaient :

  • “Mon enfant, je l’aime plus que tout. Mais sa maladie je la hais! C’est à cause d’elle que je vais abandonner mon fils/fille à des gens que nous ne connaissons pas.”

Là aussi, tout avait été tenté avant même que l’idée d’un placement émerge, bien souvent d’ailleurs à l’initiative d’un médecin.

Le leurre.

De plus, force est de constater que la loi sur l’égalité des chances et la citoyenneté a, à mon sens, amplifier cette douleur :

Lorsqu’un enfant est en situation de handicap, la loi de février 2005 prévoit que l’enfant puisse avoir accès à l’ensemble des dispositifs de droit commun (L’école, le centre de loisirs, les clubs sportifs….)

Or, nous savons tous aujourd’hui qu’il n’en est rien. L’école manque de moyens, le territoire est déficitaire en professionnels, les prises en charge en libéral sont très onéreuses….

Le leurre est ainsi entretenu ce qui amplifie ce sentiment d’échec et la culpabilité.

Vous souhaitez en parler ? N’hésitez pas, contactez nous !

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