À partir de registres danois à l’échelle nationale , des chercheurs ont suivi des personnes ayant reçu un diagnostic de maladie inflammatoire chronique de l’intestin, ou MICI, entre 6 et 24 ans, de 1996 à 2022. L’analyse a inclus 785 patients ayant une MICI et un TDAH ou un autisme, contre 6 729 ayant une MICI sans ces diagnostics.
L’étude évaluait une activité de maladie sévère à travers plusieurs événements, dont les traitements avancés, les corticoïdes par voie orale, les hospitalisations liées aux MICI et la chirurgie. À dix ans, l’incidence cumulée de cette activité sévère était de 36,2 % dans le groupe TDAH ou autisme, contre 33,7 % dans l’autre groupe.
Après ajustement statistique, les écarts restaient relativement modestes pour plusieurs résultats. Le recours à des traitements avancés des MICI était plus fréquent dans le groupe TDAH ou autisme, avec un risque relatif ajusté de 1,2. Chez les personnes atteintes de rectocolite hémorragique, ce groupe présentait aussi une association avec un risque plus élevé de colectomie, particulièrement lorsque la MICI avait été diagnostiquée avant 18 ans.
Ces données décrivent une association, pas une causalité . Elles ne permettent donc pas d’établir que le TDAH ou l’autisme provoquent une aggravation des MICI. Le résumé regroupe par ailleurs le TDAH et l’autisme dans une même catégorie, sans présenter de résultats distincts pour chaque diagnostic. Les auteurs estiment que ces observations pourraient orienter des efforts ciblés auprès des jeunes concernés par les deux types de situations.
L’étude en bref
- Type d’étude
- Étude de cohorte rétrospective fondée sur des registres nationaux danois, avec analyse de survie par régression de Cox.
- Population
- 7 514 patients danois diagnostiqués avec une maladie inflammatoire chronique de l’intestin entre 6 et 24 ans, dont 785 avec un TDAH ou un autisme et 6 729 sans ces diagnostics.
À retenir
Chez des jeunes suivis pour une MICI au Danemark, la présence d’un TDAH ou d’un autisme était associée à une incidence légèrement plus élevée d’activité sévère de la maladie, sans démontrer un lien de cause à effet.