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Addiction et enfance.

Vous avez tous entendu parler de l’addiction. Quelquefois, les conséquences peuvent être dramatiques pour les personnes prises dans cet engrenage. Qu’en est-il des enfants vivant avec des parents addicts ?

Prenons le cas de l’alcoolisme. Beaucoup d’entre nous connaissent l’impact de cette addiction sur les bébés. Nous avons tous vu ou lu des témoignages sur le syndrome d’alcoolisation fœtale. C’est un sujet que nous pensons connaître. 

Aujourd’hui, j’aimerai aborder avec vous le ressenti d’une fillette, Eloïse, 5 ans, vivant avec des parents alcooliques. Du fait de son âge, Eloïse n’a pas conscience de l’addiction de ses parents.

Eloïse rentre de l’école, heureuse.

Dans l’entrée, elle trouve sa mère, couchée, sur le sol. Elle s’agenouille. Sa mère respire, semble dormir, elle essaie de la réveiller, sans succès.

La petite fille ne sais pas quoi faire. Elle ne sait pas utiliser le téléphone. Elle ne sait pas qui appeler, son père est au travail. Elle est seule dans une grande maison.

Elle sent, au plus profond de son être que quelque chose cloche, quelque chose de tabou. Elle ne comprend pas ce qui se passe.

Dans sa tête, les questions fusent :

  • Pourquoi dort-elle ?
  • Pourquoi dort-elle dans l’entrée ?
  • Il fait froid, pourquoi ma maman ne s’est pas couverte ?

Mais surtout, la petite fille a peur. Une peur effroyable, glacée. Elle se sent en danger, menacée, perdue.

Que faire ?

Du haut de ses 5 ans, Eloïse réfléchit. Malgré sa peur, malgré sa terreur, elle se dit qu’il faut qu’elle agisse. Elle aime sa mère, elle souhaite que sa mère aille mieux.

Alors, elle va essayer de trouver la solution pour que sa maman se sente mieux, et qu’elle dorme ailleurs que dans l’entrée.

Elle s’agenouille à nouveau. Elle se penche, essaie à nouveau de réveiller sa mère.

En s’approchant la petite fille sent que le souffle de sa mère a une drôle d’odeur…

La fillette ne connaît pas cette odeur. Et cela accroît sa terreur.

Mais elle passe outre. Elle attrape les bras de sa mère et tente, vainement, de la tirer vers la chambre, avec l’idée, ensuite, de la porter jusqu’au lit pour que sa mère puisse avoir plus de confort.

Mais….bien entendu elle n’y parvient pas.

Elle pleure, non pas de tristesse mais de rage. Eloïse est en rage contre elle-même de ne pas avoir la capacité, la force de tirer sa mère jusqu’à son lit.

Eloïse se sent nulle, bête, faible. Elle ne peut pas comprendre l’addiction de ses parents. 

Alors, elle va dans la chambre, prend un oreiller, une grosse couverture.

Tout en pleurant, elle place l’oreiller sous la tête de sa mère, la couvre.

Et la fillette reste, assise, à côté de sa mère, pensant que ça ne va pas durer, qu’elle va se réveiller, qu’elle ira bien, et qu’elle lui parlera, que sa maman fera taire sa peur.

Mais il ne se passe rien.

L’omerta :

Enfin son père arrive. Il rentre du travail, fatigué. Il voit sa femme, couchée à terre, couverte et sa fille qui pleure, qui se jette dans ses bras en sanglots.

Il ne dit rien.

Eloïse lui demande pourquoi sa maman est là, elle demande si sa maman est malade.

Le père se tait, renforçant le tabou.

Il prend sa femme dans ses bras, la couche dans le lit et demande à sa fille d’aller jouer dans sa chambre.

Eloïse ne veut pas. La fillette veut que l’on réponde à ses pourquoi.

Mais le père ordonne, il repousse sa fille.

Eloïse obéit. La fillette continuera d’avoir peur.

 

Ce témoignage vous fait réagir ? 

 

N’hésitez plus, venez en parler, ensemble nous trouverons des solutions.

 

 

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