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Baisse de la mortalité infantile et évolution des vêtements pour enfants.

La baisse de la mortalité infantile se confirme depuis le XVIII ème Siècle. Pouvons nous corréler cette baisse avec l’évolution des vêtements pour enfants ?

En 1960, avec “L’Enfant et la vie familiale sous l’Ancien Régime” , Philippe Ariès faisait, le premier, de l’enfance un objet d’histoire. Ses thèses ont beaucoup été discutées.

Une des idées de son ouvrage, est celle d’un changement du fonctionnement familial qui serait intervenu, à partir du XVIIe siècle, sous l’effet d’un courant de moralisation porté par l’Église et l’État : le passage d’un modèle de famille ouverte sur la société des adultes à un modèle de famille nucléaire fermé, où l’enfant devient l’objet de toutes les attentions. Cette révolution s’accompagne, au sein de la famille, d’un surinvestissement affectif à l’égard des enfants. Les enfants, retirés de la société des adultes, où ils pénétraient au Moyen Âge via l’apprentissage, sont désormais confinés dans les familles et dans l’école, ce qui retarde de plus en plus le passage à l’âge adulte.

L’évolution de la mortalité infantile :

Aux alentours de 1740 en France, près d’un nouveau-né sur trois mourait avant d’avoir atteint son premier anniversaire, victime le plus souvent d’une maladie infectieuse. La situation change à la fin du XVIIIe siècle : la mortalité infantile, c’est-à-dire la mortalité des enfants de moins d’un an, se met à baisser rapidement. Vers 1850, la mort ne frappe plus qu’un nouveau-né sur six. Cette baisse est principalement liée au succès remporté par la vaccination contre la variole, l’une des grandes causes de décès d’enfants à cette époque, mais aussi à l’amélioration des méthodes d’accouchement et des premiers soins donnés au nouveau-né.

La poursuite de la baisse dans la seconde partie du XXe siècle s’explique par le succès quasi total de la lutte contre les maladies infectieuses. Le passage en dessous du seuil de dix décès pour mille enfants de moins d’un an ayant eu lieu, en France ainsi que dans la majorité des pays d’Europe, autour de 1980, la mort des enfants est devenue aujourd’hui un phénomène rare et accidentel dans tous les pays développés. En 2015, le taux de mortalité infantile en France métropolitaine est de 3,5 décès pour 1 000 naissances, selon les données de l’Insee.

 

L’évolution des vêtements pour enfants :

Aujourd’hui, les vêtements, même pour bébés, sont tellement différents selon le sexe que l’on a tendance à penser que ça a toujours été le cas. Mais le vestiaire de l’enfant est longtemps resté  unisexe.

Jusqu’au XIX ème siècle, les bébés, filles ou garçons, étaient emmaillotés : Ils étaient enroulés dans des bandelettes de coton qui leur servaient de vêtements. Cet habillement avait un caractère utilitaire en termes de surveillance, puisque les mouvements de l’enfant étaient limités et qu’il ne rampait pas dans tous les coins.

Lorsque le bébé grandissait, on l’habillait avec une robe. La robe n’était donc pas un vêtement féminin mais bien un habit universel, qui avait aussi un aspect pratique: le jeune enfant faisait le plus souvent ses besoins sur le sol et il ne restait plus qu’à balayer.

Du XVIIe à la fin de la Première Guerre mondiale, filles et garçons étaient habillés et coiffés de la même façon dans leurs premières années de vie: ils portaient la robe jusqu’à leur entrée dans la vie publique, c’est-à-dire dans le monde scolaire. Les ornements, la matière de la  robe symbolisaient le statut social du père.

À l’époque, difficile de faire la différence entre les filles et les garçons, d’autant qu’ils portaient tous, en plus de ce vêtement unisexe, de gros godillots et les cheveux longs. Ainsi, on a pendant longtemps vu filles et garçons porter le même costume marin.

C’est vers l’âge de 6 ans que la catégorie sexe commence à transparaître sur le vêtement, par le biais de rubans de couleurs puis par l’adoption du pantalon par les garçons et des culottes bouffantes sous la robe pour les filles. Mais l’habit restait avant tout un marqueur de classe sociale plus que de différenciation entre les sexes, comme c’est le cas à l’heure actuelle.

En effet, sur les photos de classe du début du XXe siècle, les vêtements nous renseignent plus sur les quartiers où habitent les enfants que sur leur sexe: comme leurs parents, les garçons des quartiers huppés sont en costumes, les enfants des classes défavorisées en tablier. Car il n’existait pas de vêtements spécifiques pour les enfants comme c’est le cas de nos jours: ils portaient les mêmes habits que ceux destinés aux adultes mais miniaturisés!

Ce n’est que progressivement que s’est créé un vestiaire propre à l’enfance, grâce aux évolutions technologiques permettant la production de vêtements moins rigides que les enfants pouvaient enfiler plus facilement: tricot, tissu synthétique plus souple et non plus tissé, stretch; système de fermeture plus pratique avec l’apparition du scratch, de la fermeture Éclair, en remplacement de l’épingle de nourrice.

Au XXème Siècle :

C’est l’apparition de la barboteuse, robe raccourcie accompagnée d’une culotte et les vêtements bouffants que l’on peut ouvrir à l’entrejambe pour changer les couches.

Ces habits restent le plus souvent unisexes.

Dans les années 1950, la grenouillère apparaît, portée elle aussi indistinctement par les enfants des deux sexes. Quant aux plus grands, jusqu’aux années 1920, ils se mettent au lit dans une chemise de nuit avant que filles et garçons adoptent tous les deux le pyjama.

C’est également au XXème siècle qu’apparaît un code couleur, notamment pour la layette souvent blanche, rose, ou bleue, afin de rendre les vêtements sexués.

La mode enfantine :

Elle commence à se simplifier au XVIIIème Siècle, même si elle imite encore les vêtements des adultes.  Ce n’est qu’au XIXème Siècle, qu’est initiée une véritable mode enfantine avec la création des tranches d’âges.

Cette première mode enfantine a ses classiques : le kilt, l’habit marin à rayures, la blouse scolaire, etc.

La mode enfantine crée et fabrique des vêtements originaux pour les enfants de zéro à douze ans.

Elle se répartit en vêtements pour bébés ou layette de zéro à deux ans et en vêtements pour enfants de deux ans à douze ans. La différence tenant au mode de vie des enfants dans les deux périodes.

La première tient compte du fait que l’enfant dort beaucoup et porte des couches ce qui amène la création d’ouverture spécifique pour changer l’enfant. Pour cette période, la croissance de l’enfant est plus rapide et les tailles sont rapprochées (en France : naissance, 3 mois, 6 mois, 12 mois, 18 mois (rare), 24 mois).

Alors qu’à partir de deux ans, l’enfant commence à être propre et plus autonome la sensibilité esthétique du vêtement pour enfant se développe. 

 

Pouvons nous corréler la  baisse de la mortalité infantile et l’évolution de la mode enfantine ?

 

Nous pouvons affirmer que la baisse de la mortalité infantile a permis l’émergence de vêtements de plus en plus approprié au nourrisson et à l’ensemble des enfants en général. Nous pouvons trouver désormais des vêtement pour des bébés de petits poids, en lien avec l’augmentation du nombre de naissance prématurées (spontanées ou induites) qui serait de l’ordre de 7% en France.

 

 

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