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Handicap : Origine, étymologie, utilisation du terme.

Handicap : Origine, étymologie, utilisation du terme.

Connaissez vous l’origine du terme « Handicap » ?

Le mot handicap est d’origine anglaise ! C’est une contraction de “Hand in cap”, littéralement, “Main dans le chapeau”.

Cette expression découle d’un jeu d’échanges d’objets personnels qui se pratiquait en Grande Bretagne au XVI ème Siècle. Un arbitre évaluait les objets et s’assurait de l’équivalence des lots afin d’assurer l’égalité des chances des joueurs. Les valeurs des objets, quant à elles, pouvaient être fort diverses.

Le handicap traduisait alors une  situation négative, défavorable, de celui qui avait tiré un mauvais lot.

Ce terme est ensuite employé dans les courses hippiques toujours en Angleterre au XVIII ème siècle.   Sur les terrains de course anglais, le cheval le plus valeureux, c’est-à-dire celui dont les performances étaient supérieures à celles des autres, était « handicapé » : Afin de diminuer ses chances de gagner et mettre tous les concurrents sur un pied d’égalité, ce cheval était soit lesté d’un poids complémentaire soit, il devait parcourir une distance supérieure.

La course était ainsi équilibrée. Le cheval handicapé était donc le meilleur au départ !

Très longtemps cantonnée au hippisme, puis au golf, c’est à la fin du XIXème Siècle que la notion de handicap vise désormais les capacités d’un être humain.

Au XIXème Siècle, en France, le mot “handicap” désigne une entrave, ce qui désavantage, gêne, rend inférieur.

C’est après 1906 que les médecins commencent à employer le terme “handicap” au sens “d’être désavantagé par rapport à’’ une norme préétablie.  Auparavant, l’univers médical utilisait le mot “infirme” (parce que les personnes restaient à l’infirmerie !)

Le sens “d’infériorité momentanée’’ d’une collectivité par rapport à une autre s’est ensuite étendu à d’autres domaines. Ne dit-on pas aujourd’hui  : handicap économique, financier, géographique, électoral, linguistique etc…

Aujourd’hui, au XXIème Siècle, pour désigner une personne atteinte d’une infirmité physique ou psychique, nous utilisons l’expression « personne en situation de handicap’’, en français, et « disabled person’’, en anglais, plutôt que de dire « une personne handicapée » .

Poursuivons ensemble l’exploration du terme “handicap” :

Quand nous entendons parler du handicap, l’orientation donnée au discours est le plus souvent que :

  • on cherche à le rattraper,
  • le surmonter,
  • le combler,
  • le compenser… (vous trouvez là le discours MDPH avec le plan de compensation).

 

Le discours est orienté. Il paraît indispensable de subir le handicap et de le supporter… oui « supporter’’ parce que les handicaps « pèsent sur’’. Nous voici à nouveau au XVIIIème Siècle avec l’histoire des poids, sur les chevaux.

Il est alors essentiel de compenser ces situation de handicap en proposant un éventail d’étayages tenant compte des difficultés de chacun. Peut-être avons nous la volonté de réussir enfin à les gommer, les effacer ?

Jamais dans notre vocabulaire depuis les années 1900, nous insistons sur les ressources développées (socialement ou individuellement) par les personnes en situation de handicap.

Nous ne prenons pas le temps de respecter leurs compétences multiples.

Nous ne prenons pas plus le temps de nous enseigner de leurs savoirs…

Pouvons nous en déduire que les personnes en situation de handicap sont des êtres “inférieurs” ?

Je suis convaincue du contraire et Le Pas de Côté oeuvre chaque jour à faire reconnaître leurs capacités et leurs multiples compétences.

 

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