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Témoignage : Hypersensibilité, scène de la vie ordinaire.

Témoignage : Hypersensibilité, scène de la vie ordinaire.

L’hypersensibilité est un phénomène qui touche environ 10 % de la population. Je ressens cette hypersensibilité. Les stimuli et autres impressions du quotidien m’arrivent sans filtre le plus souvent. Ce qui induit des réactions particulières aux événements les plus anodins. C’est parfois épuisant, pour moi, mais également pour mon entourage.

Voici un moment de plaisir qui peut rapidement devenir une épreuve pour cause d’hypersensibilité.

Je vais boire un café, dans un bar où je me sens bien habituellement. Je suis seule.

Aujourd’hui, tu arrives. Femme, la trentaine, avec tes 3 enfants. Deux garçons, et une petite fille de quelques mois, dans une poussette.

Il n’y a que peu de place et, tu viens t’installer à la table à côté de celle que j’occupe. Tes deux fils s’assoient et, tu rapproches la poussette, que tu installes dans le passage, à quelques centimètres de mes jambes, m’empêchant de partir sauf à te demander.

Je ne te connais pas, je ne veux pas te parler.

Presque instantanément, je me sens mal. Mes battements cardiaques s’accélèrent. Mes mains transpirent. Je sens la sueur sous mes aisselles.

Et tu parles, et tu parles encore à tes enfants. Le plus souvent tu leur dis “non” d’ailleurs. Tes paroles m’assaillent, je voudrai que tu te taises mais je ne peux pas t’empêcher de parler. Tes fils te regardent boire ton café, eux, ne boivent pas.

Et puis, tu leur parles encore et encore. Je sens mon nerf vague qui palpite, je commence à avoir cette sensation de malaise que je connais bien.

Et puis, ton bébé s’agite dans la poussette bleue, tachée. Il agite ses pieds, ça me fait comme des flashs, même si j’essaie de m’extraire de cette situation, en respirant, profondément.

Il y a aussi ce morceau d’étoffe, jaune soleil, qui bouge, que ta fille essaie d’attraper sans y parvenir. Le foulard remue, heureusement c’est du coton, et ça ne fait pas de bruit. Mais cette couleur vive, presque agressive lorsque tu souhaites être au calme…. Je ne vois que ça, et les pieds de ta fille qui bougent.

Mon corps fourmille, je sens comme des micro décharges électriques courir sous ma peau. Mon diaphragme remonte, j’ai du mal à respirer, mon estomac se contracte, j’essaie de me concentrer sur autre chose, un mot fléché par exemple, sans y parvenir.

Et puis vient l’odeur. Ce n’est pas un relent, ça ne sent pas mauvais, mais ça sent. Tu sens, tes enfants sentent, la poussette sent.

Il faut que je parte, mais, pour cela il faut que je te parle et je ne peux pas te parler. J’en suis bien incapable car, si je te parlais, je me mettrai à crier, que tu ne m’as rien demandé, que je me sens agressée parce que tu parles sans cesse, parce que je vois trop, parce que je sens trop, parce que pour moi c’est trop de stimuli et que je me sens enfermée. 

Alors je me tais, respire, me concentre encore quelques minutes. Et puis tu te lèves, tu enlèves la poussette, les enfants s’habillent et tu pars. Enfin.

Vous êtes hypersensibles, votre enfant l’est, n’hésitez plus,
venez témoigner

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