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Situation de handicap et vie affective

La liberté d’avoir une vie affective et sexuelle relève des droits de l’homme. La loi garantit à tout individu le respect de sa dignité, de son intégrité, de sa vie privée, de son intimité et de sa sécurité. Ceci vaut également pour les personnes en situation de handicap.

Comme tous, elles ont besoin d’avoir une vie affective. Elles souhaitent rencontrer l’âme sœur.

Beaucoup en parlent et revendiquent le droit d’avoir une vie de couple. Pour autant, elles peuvent se heurter à leurs familles ou à la dynamique d’une institution.

Certaines d’entre elles ne disposent pas des informations suffisantes. Elles voudraient vivre en couple, se pacser, se marier. Pour cela, elles doivent demander l’autorisation à leur représentant légal (tuteur ou curateur), certaines n’osent pas.

Dans les établissements, le sujet de la vie affective et sexuelle n’est pas abordé facilement. Pourtant, nous avons constaté que les personnes en situation de handicap sont véritablement en recherche d’informations.

Certains établissements ont crée des espaces de parole animés par des intervenants extérieurs. Ces ateliers se déroulent en dehors de la présence de professionnels des établissements ou services. Ils permettent :

  • d’aborder le sujet de la vie affective et sexuelle
  • de procurer une information nécessaire et adaptée
  • le respect de la vie privée et de l’orientation sexuelle

Ils sont animés par des intervenants extérieurs, eux-mêmes formés à cette vaste thématique.

Certaines structures proposent également des studios adaptés à la vie de couple, et les bénéficiaires reçoivent un accompagnement adapté, au sein même de l’institution avec le projet de pouvoir vivre en couple dans un appartement « hors murs ». Pour cela, les établissements et services ont élaboré, dans leur projet d’établissement, des modalités d’accompagnement spécifique afin que la vie de couple des personnes soit respectée.

Il existe également des services d’accompagnement pour les parents déficients intellectuels.

De même, certains organismes de vacances adaptées respectent sont en capacités d’accueillir les couples dans les séjours qu’ils proposent.

Toutefois, il n’est pas de la responsabilité unique d’une structure de fournir une information adaptée sur la vie affective et sexuelle, la vie de couple, la famille….Les services délivrant des documents pour le grand public devraient éditer ces informations en « facile à lire et à comprendre ». Certains plannings familiaux le font déjà et reçoivent les personnes en situation de handicap à titre individuel pour toutes les explications dont elles ont besoin. Certains organismes d’aide et d’information pour la vie de couple disposent d’intervenants  formés qui rassurent, écoutent, expliquent, et accompagnent la réflexion des personnes en situation de handicap dans leur réalisation d’un projet de vie commune.

Il y a encore beaucoup de freins voir d’opposition aux droits et aux projets des personnes en situation de handicap intellectuel pour une vie de couple. Ces oppositions sont encore plus importantes lorsque les personnes ont le souhait de fonder une famille.

Avant tout, les personnes en situation de handicap souhaitent :

  • une information claire et adaptée
  • être rassurées et respectées dans leur choix de vie
  • pouvoir bénéficier, si elles le demandent, d’une contraception adaptée. Pour cela, la personne en situation de handicap doit être pleinement associée à la décision de prendre une contraception
  • avoir accès aisément à l’ensemble des tests de dépistage
  • être préparées à la vie de couple, voir à la vie de famille

Pour cela, les associations, institutions, travailleurs sociaux, médecins, doivent disposer d’une information adaptée et proposer une éducation à la vie affective et la sexualité.

Toutefois, ces services et professionnels ne doivent en aucun cas se substituer aux parents et imposer une éducation. Il est nécessaire de respecter les droits de chaque personne en situation de handicap et de lui proposer un accompagnement et une information adaptée lorsqu’elle en fait la demande.

 Martine BARISIC

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